samedi, juin 23, 2012

Nietzsche Avec Stirner - éléments spinozistes de réponse à une question centenaire

 

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2ème étude stirnerienne datant de 2007 dans cette version augmentée.

Voici l'introduction de ce texte (par ailleurs, intégralement disponible ici :

nietzsche avec stirner - etude stirnerienne II.pdf )

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« Nietzsche Avec Stirner », telle est la proposition que nous adressons au lecteur - nous l’espérons alléchante et pas indécente.

Cependant, il apparaît essentiel d’effectuer, dès l’entrée, une mise au point. Il nous semble crucial de sortir de la légalité historique pour faire aboutir ce projet car, si l’on ne quitte pas le terrain historique, Nietzsche et Stirner n’ont rien à faire ensemble, ils n’en ont pas le droit. Leur rapprochement, comme nous le verrons, ne repose, dans l’optique historique, sur aucun texte, mais seulement sur une rumeur.

L’angle historique ne peut pourtant être totalement négligé car il nourrit les polémiques entre ceux qui se donnèrent pour tâche de penser cette question avant nous. Cet angle fournit la première détermination de ce rapport sous les catégories de la parenté et de la filiation : certains la considéraient comme fondamentale, d’autres la pensaient superficielle, tous prêtaient l’oreille, et par là même donnaient corps, donnaient crédit à cette rumeur.

Nous préférons réserver la détermination de ce que nous appellerons cette relation, ce lien, ce rapport, à la conclusion de notre travail. Il appartiendra à cette étude de départir la filiation de l’identité conceptuelle, de fournir des éléments de réponse à la question : « à quoi tient un air de famille ? »

Pour mener à bien notre entreprise, nous nous proposons d’utiliser un réactif, un révélateur, qui, bien qu’au premier abord il semble étrange, voire étranger, nous apparaît déterminant : le spinozisme.

Ce réactif est sans doute inhabituel mais ne peut apparaître totalement saugrenu après une étude minutieuse, car Stirner et Nietzsche virent le jour en une époque et en un lieu où ils ne pouvaient ignorer Spinoza. L’Allemagne, à cheval sur les 18ème et 19ème siècles, est à plus d'un titre spinoziste : Goethe, Hegel, et leurs élèves, qu’il s’agisse de Schopenhauer, de l’école jeune hégélienne de laquelle émergeront Feuerbach, Marx, tous les grands génies de ce siècle - et du précédent, si riche -, les grands « éducateurs » de Stirner et de Nietzsche s’inscrivent clairement dans le spinozisme. Si eux-mêmes n’en ont pas - ou peu - eu conscience, leurs œuvres s’inscrivent au sein de milieux intellectuels pour la compréhension desquels la référence spinoziste est d’importance majeure.

Pourtant selon la raison historique classique ce rapport n’a pas lieu d’être. La lecture de Spinoza révèle immanquablement sa socialité, celles de Stirner et de Nietzsche, leurs haines de l'autre, leurs solipsismes, leur défiance à l’égard de l'amour et de toutes les belles choses qui font de ce monde un lieu sûr et paisible. Alors même que Spinoza serait l'archétype du rationaliste spiritualiste, la vertu incarnée, l'homme social par excellence - le Christ en quelque sorte -, Stirner, lui, apparaîtrait comme l’égoïste suprême qui n’a rien pensé que lui-même, une « curiosité » sans histoire et donc sans avenir, et Nietzsche comme l’Anti-Spinoza, le farouche réactionnaire, adversaire de toute morale et de toute éthique ; ou encore, si l’on veut penser un rapport entre eux, cela n’est bien souvent qu’en faisant de Stirner le père de l’Antéchrist maladroit et disgracieux - cet « albatros », dont les « ailes de géant empêchent » le mouvement - que Nietzsche a fait mûrir.

L’athée vertueux, l’anarchiste et l’aristocrate : tels sont dressés les personnages conceptuels identifiés aux noms de nos trois penseurs, dont on voit mal, ainsi déterminés, ce qu’ils peuvent avoir en partage. Nous nous emploierons à faire imploser ces représentations.

Du point de vue de la méthode, cette entreprise pose, dès l’entrée, des problèmes philosophiques sérieux.

Travailler sur Stirner et sur Nietzsche sont deux expériences qui peuvent en apparence sembler différentes en ce qu’elles induisent deux attitudes d’investigation  opposées.

Le corpus stirnerien se limite à un livre et quelques articles sauvés ça et là par les éditeurs et biographes qui ont tenté, pour des motifs divers, de préserver la pensée stirnerienne de l’oubli qui la guette. Le corpus nietzschéen est constitué, à l’inverse, par une surabondance d’écrits, publiés du vivant du penseur ou après sa mort, et principalement d’aphorismes, fourmillants.

D’un côté, l’aridité, de l’autre, la surabondance, chacune insufflant au chercheur - lui susurrant - des exigences inverses entre lesquelles il ne peut manquer d’être écartelé. Cet écartèlement, quand il devient oscillation, quand le vertige laisse place à l’assurance (au sens où l’on dit que le marin a le pied assuré) est paradigmatique de la recherche philosophique : chercher l’information partout où elle se cache, c’est la dimension policière, journalistique, investigatrice, qui anime le travail, et le besoin - une fois que l’information est débusquée, qu’elle afflue, - de lui assigner une place, une valeur, bref de la hiérarchiser.

Cette dernière exigence, hiérarchique, est celle qui relie secrètement les deux études. En effet, ce besoin de hiérarchie se manifeste de part et d’autre, mais de manière singulièrement différente quand il s’agit d’aborder la « littérature secondaire ».

La différence qui naît ici n’est pas une différence profonde, essentielle, qui tracerait une ligne de démarcation infranchissable entre les deux approches, et tient davantage de la superficialité de la conjoncture politico-médiatique, des phénomènes de mode philosophique[1] qui ont fait plonger Stirner plusieurs fois dans l’oubli et Nietzsche atteindre à la notoriété, à la reconnaissance. Méconnaissance et oubli d’une part, notoriété et reconnaissance d’autre part : les commentaires permettent au nom de l’un de survivre, et au nom de l’autre de tout justifier.

Car si, pour suivre un fil interprétatif chez Stirner et lui donner toute sa dimension philosophique, il faut suivre un maigre filet d’eau ruisselant de volume en volume, et arracher ainsi quelques lignes à de terrifiants volumes qui furent eux aussi signalés par quelques autres arrachées à un de leurs congénères, il faut, pour ce qui est de Nietzsche, - les petits ruisseaux laissant place, comme le dit le proverbe, à de grandes rivières - ne pas perdre pied.

Pour Stirner, l’étude consiste à apprendre à suivre le courant, à « surfer » de livre en livre, apprendre à hiérarchiser les vagues selon leur fécondité, leur capacité à se dérouler sans cesse contre vents et marées. Pour Nietzsche, il faut au contraire apprendre à lutter contre le courant d’un océan déchaîné, apprendre à hiérarchiser les vents, à s’en servir contre les vagues : cette étude est nautique par bien des aspects.

Ce qui menace le navigateur, c’est l’abysse ainsi que l’île déserte, la noyade et l’écueil. Ce qui menace le commentateur, c’est la dissolution de soi dans l’abîme interprétatif, « l’océanisation » du sujet et d’autre part, l’entêtement dans l’erreur, la certitude ad absurdum que le monde est océan et que le seul roc émergé est le sol qui porte son travail. L’intention qui anime le présent travail, est précisément d’essayer de ne sombrer ni dans l’une ni dans l’autre de ces attitudes : n’être qu’un commentateur de plus noyé dans la masse, ou  penser être le seul valable.

En effet, l’histoire du stirnerisme, très atypique, commence par une lecture pamphlétaire très véhémente signée par Marx, qui n’a pu avoir de réponse car elle ne fut pas publiée du vivant de Stirner. La révolution de 1848 avait plongé L’Unique, alors qu’il avait connu un vif succès à sa sortie, dans l’oubli profond d’où John Henry Mackay le tira un demi-siècle plus tard. Les anarchistes, puis les nietzschéens, furent ravis de découvrir un « philosophe de la volonté » d’avant 1848. C’est dans cette optique que la mémoire philosophique commune se souvient de lui : comme d’un pré-nietzschéen[2] maladroit ou comme d’un pré-anarchiste véhément. La pensée de Stirner est maintenue paradoxalement dans l’ombre par la sienne propre. Nietzsche connut une telle notoriété que pendant plus d’un siècle, sa pensée fut commentée et re-commentée ad nauseam - chaque commentaire prétendant renouveler par l’examen d’une notion isolée la portée de sa philosophie entière.

Ceux qui se donnèrent pour tâche de penser la relation de Nietzsche à Stirner, semblent avoir trop souvent voulu en finir avec chacun d’eux : certains visent à les ramener au même, souvent par l’intermédiaire de la référence commune à un courant ou une notion[3], pour les amalgamer ; d’autres enfin, partant du constat d’un amalgame superficiel dans la pensée commune, cherchent à révéler les différences profondes qui les délient, pour les opposer[4].

Pour nous il s’agira, non pas de ramener les deux philosophies au même, de montrer en quoi le multiple se résout dans l’Un, de montrer que la multiplicité superficielle se résout dans la mêmeté originaire d’une philosophie unique qui serait le spinozisme  - c’est en quoi nous nous désolidarisons de la première attitude -, mais plutôt de faire valoir une unité du multiple, unité qui ne sacrifiera pas la différence à la mêmeté, mais qui conservera la charge explosive des différences de nos deux philosophes tout en montrant en quoi cette multiplicité demeure une relation profonde - c’est pourquoi nous trouvons dans la deuxième attitude, celle d’Albert Lévy[5], une source certaine d’inspiration. Certes, il ne parvient pas - ( il n’a d’ailleurs pas cette intention) - à faire valoir la profondeur de la relation réelle entre Nietzsche et Stirner, mais il a le mérite d’étudier pour elles-mêmes ces deux pensées, de tenter d’en interroger les différences, même s’il en reste à une vision trop dialectique de l’Histoire de la philosophie, et plus généralement à un niveau trop historique de l’étude de ce rapport philosophique. 

Nous chercherons, bien plus qu’à penser la simple relation de Nietzsche à Stirner, à comprendre en quoi « Nietzsche Avec Stirner » est une proposition pensable et féconde. C’est à elle que nous tenterons de donner sens en nous jouant des conjonctions classiques « Nietzsche et Stirner » ou selon les versions et les époques « Stirner et Nietzsche ». Car au-delà de l’enquête historique, il nous semble tout à fait clair que Stirner et Nietzsche ont des choses à se dire. Que le second ait réellement lu le premier importe peu, tant il nous semble que leurs philosophies dialoguent, de fait.

Pour bien faire sentir en quoi les thèses de Lévy - et surtout le principe qui y préside (en ce qu’il nous semble paradigmatique des recherches menées sur cette question) - n’épuisent pas le sujet, nous nous proposons d’expliquer ici comment fut construit le plan du présent travail dans son rapport à l’exposition choisie par Lévy. Ce dernier divise son ouvrage en quatre parties.

La première, purement historique, intitulée : « Nietzsche a-t-il connu Stirner ? » est clairement différenciée des autres, en ce qu’elle se présente sous la forme d’une enquête. Elle permet à Lévy de montrer que la lecture de Nietzsche est attestée, mais qu’elle est parasitée par un malentendu originel inhérent aux rencontres que fit le jeune Nietzsche dans son cheminement philosophique. Ainsi, d’emblée, Lévy nous propose de considérer le rapport Nietzsche/Stirner comme un rapport indirect, un jeu de miroir déformant.

La suite du travail - les trois parties suivantes - se constitue plus globalement comme étude historico-conceptuelle, et s’emploiera à dénouer, par une suite d’études thématiques, le rapport équivoque mis en évidence dans la première partie, pour en montrer la superficialité. Lévy conserve tout de même, dans cette étude thématique et conceptuelle, le schème historique, et c’est peut-être ici que réside son point faible, car, ne disposant pas des travaux d’Henri Arvon, qui paraîtront près de cinquante ans après son étude, il ne confère d’historicité qu’à Nietzsche - alors qu’une des grandes réussites d’Arvon sera de mettre au jour l’historicité de la pensée de Stirner.

Lévy confronte les trois grandes périodes du philosophe Nietzsche - périodes reconnues presque universellement par la tradition du commentaire[6] - à un Stirner an-historique.

Arvon a clairement montré que l’on peut distinguer trois périodes dans l’élaboration de la pensée de Stirner. Lévy n’émet pas ce genre de considération et on voit réapparaître dans les trois parties historico-conceptuelles de son étude le « premier » Stirner, alors que le « dernier » n’est qu’à peine mentionné.

Notre but n’est pas de corriger sur ce point le travail de Lévy, car, en considérant cette double historicité, le jeu des combinatoires se trouverait complexifié à l’excès, ce qui en rendrait la pratique absolument contre-productive quand il s’agit d’exposer clairement une thèse ; et, plus profondément, il pourrait sembler dommageable pour la compréhension des singularités de nos deux penseurs de découper leurs « durées » respectives en moments trop abruptement définis, s’opposant et se contredisant les uns les autres, et ajoutant à la difficulté du sujet une confusion inutile. Nous ne négligerons pas l’aspect historique de l’étude mais nous ne lui sacrifierons pas pour autant, comme le dit Christophe Colera « l’élan qui […] inspire[7] » chacun des deux auteurs.

Notre ambition est claire : il s’agit de montrer en quoi il est tout à fait capital, pour bien envisager la question Nietzsche/Stirner, de prendre en considération la donnée spinoziste pour l’explication conceptuelle. En effet, notre thèse est que, au-delà des rapprochements superficiels dénoncés par Lévy - et qui feront le fond des rapprochements tentés ultérieurement par d’autres commentateurs -, et même si lui-même ne fait bien souvent que les remplacer par des éloignements superficiels, le rapport Nietzsche/Stirner est rendu intelligible une fois pris en compte au sein d’une dynamique philosophique beaucoup plus profonde, à laquelle participe également le renouvellement du spinozisme du milieu des années soixante. On ne peut comprendre le premier que grâce à l’apport conceptuel du second.

De ce point de vue on comprend en quoi l’étude purement historique perd de son sel puisque la justification du rapport Nietzsche/Stirner pourrait se trouver, bien plus que dans les preuves matérielles, les relevés de bibliothèque ou les citations, dans ce qu’il nous faut appeler l’histoire des idées, et plus particulièrement l’histoire de leur devenir.

Une telle ambition rend impossible de réactiver pour l’exposition le « principe apollinien » qui permit à Lévy de restituer la teneur de ses recherches. Il nous a donc fallu, pour parvenir à donner sa forme à la présente étude, nous mettre en quête d’un « principe apollinien » différent et qui soit satisfaisant lui aussi. À un haut degré de généralité, nous nous proposons donc de scinder cette étude en deux mouvements : l’un - plus concis - comprendra les considérations historiques, qui ouvrent la possibilité de l’étude en montrant la nécessité de l’angle conceptuel ; l’autre explorera plus amplement - selon trois axes principaux - les grandes ruptures et les grandes lignes de rapprochement des pensées de Nietzsche et de Stirner.

Le premier ne prétendra pas corriger le début de l’ouvrage de Lévy, répondre de manière affirmative là où il avait dit « non », mais ouvrir en son sein un champ de possible susceptible de permettre la re-considération d’un sujet complexe, en montrant la nécessité du glissement épistémologique de son traitement - de l’historique vers le conceptuel.

Le second constituera le nœud, que nous espérons « gordien », qui tentera d’unifier, de lier indéfectiblement le spinozisme et la question Nietzsche/Stirner : chez tous deux en effet, le problème du dépassement de l’homme est lié à la question de l’individuation, même si chacun d’eux n’y attache pas tout à fait la même signification. Cette partie de notre étude tentera de faire la part des choses, en confrontant, après les avoir expliquées, les pensées de Nietzsche et Stirner dans leur rapport au spinozisme, et plus particulièrement à son concept de Puissance.

Dans Zarathoustra[8], Nietzsche nous fournit l’occasion de bien comprendre les enjeux de la pensée du dépassement de l’homme : pour Zarathoustra, l’homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain ; l’homme est une tendance, un devenir dont le signe reste à inscrire.

Nous essaierons de comprendre cette thématique en interrogeant les trois problèmes qui la fractionnent, dans trois parties conceptuelles : qui est l’homme ? ; qui dépasse l’homme ? ; comment dépasse-t-on l’homme ?.

L’explication dernière, celle qui permet d’apercevoir le rapport subtil liant Nietzsche avec Stirner, nous la chercherons dans le spinozisme, plus particulièrement dans l’élucidation du rapport Spinoza/Hobbes sur la question de la puissance - un des enjeux majeurs du spinozisme moderne : la thèse d’Antonio Negri, - qui fait de Spinoza « le premier anti-Hobbes de l’histoire de la pensée politique occidentale[9] » - thèse défendue également, pour des raisons sensiblement différentes par Alexandre Matheron dans un article récent[10] - nous permettra, nous l’espérons, de préciser ce que peut signifier notre « Nietzsche Avec Stirner ».

 

                                Commençons…



  1. [1]            Il serait intéressant, mais nous n’en avons pas le loisir ici, de mener une étude sur les « modes philosophiques », phénomène sans doute accentué par le contexte socio-économique de la modernité occidentale, afin de mettre en évidence les enjeux politiques que de telles modes révèlent.
  2. [2]          Nous utilisons ce terme cocasse à dessein ; il est tout à fait frappant que bien souvent l’on ne se souvienne de Stirner qu’en fonction de ce qu’on lui impute et de ce à quoi son nom est attaché anachroniquement.
  3. [3]            Dans cette optique les travaux d’ Arno Münster - Nietzsche et Stirner : étude sur les motifs Libertaires dans la Pensée de Nietzsche - et de Gisèle Souchon - Nietzsche : Généalogie de l’Individu - sont emblématiques. Le premier tente de ramener Nietzsche à l’anarchiste Stirner, le second de le ramener à l’individualiste Stirner. Ces rapprochements ne se font pas sans difficultés.
  4. [4]            C’est ainsi qu’ Albert Lévy - Stirner et Nietzsche - conçoit son travail. Nous trouvons dans cette attitude plus de bon sens que dans la première, même si elle demeure prisonnière du « terrain de la légalité » dont nous parlions plus haut. Elle se donne pour tâche d’étudier les deux philosophies pour elles-mêmes, et n’échoue dans cette tâche que par le manque d’information directe dont elle témoigne sur la philosophie stirnerienne. Il n’aurait pu en être autrement, tant Stirner ne put être étudié à l’Université pour lui-même, jusqu’à la publication de l’ouvrage d’Henri Arvon (1956).
  5. [5]          Albert Lévy fut élève de l’École Normale Supérieure et professeur d’allemand au Lycée de Toulouse. Il présenta sa thèse sur Stirner et Nietzsche à la faculté des Lettres de l’Université de Paris en 1904.
  6. [6]            Les années 1872 à 1876, sont empreintes de l’influence de Wagner de la Naissance de la Tragédie jusqu’à l’Intempestive sur Wagner . Les années 1877 à 1881,  voient la formulation du problème éthique de Humain Trop Humain, jusqu’au départ de l’université de Bâle pour Sils Maria. Lévy nous dit que Nietzsche se « rapproche » le plus de Stirner dans cette seconde période. Enfin, les années 1881 à 1888, pendant lesquelles Nietzsche fera l’expérience de l’éternel Retour (1881), rédigera le Zarathoustra (1883-1885), et connaîtra la période de sa plus grande productivité pendant l’année 1888, jusqu’à la publication de Ecce Homo.
  7. [7]            Colera Christophe, Individualité et Subjectivité chez Nietzsche, Paris, L’Harmattan, 2004.
  8. [8]            Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Geneviève Bianquis, revue par Paul Mathias, in Œuvres, Paris, Flammarion, 2003, Prologue, § 4, p. 332.
  9. [9]            Negri Antonio, L’Anomalie Sauvage -Puissance et Pouvoir chez Spinoza, Alexandre Matheron, Paris, P.U.F., 1982,   p.142.

10.  [10]           Matheron Alexandre, « L’Indignation et le Conatus de l’état Spinoziste », in Spinoza : Puissance et Ontologie, Myriam Revault d’Alonnes, Paris, Kime, 1994, p. 164. Negri y voit la révélation révolutionnaire, et pour tout dire pré-marxiste, de la philosophie de Spinoza ; Matheron y verra sa méfiance à l’égard de tout pouvoir étatique bien qu’il en affirme la nécessité.